WOOFY

Woofy était un chien errant. Le générique de début nous raconte comment Antoine le trouve dans la rue, le ramène chez lui la gueule enfarinée, comment la mère du petit garçon affirme ne pas vouloir d'animaux à la maison, comment Antoine insiste pour qu'elle vienne le voir tout de même, puis enfin comment Woofy a alors l'idée de se figer, faisant dire à la mère de son nouveau maître : " Tu n'avais qu'à le dire tout de suite que c'était un chien en peluche !". La surprise d'Antoine est balayée par un clin d'oeil complice de Woofy, il a gagné le droit de le garder dans sa chambre. Il faut juste éviter que sa mère réalise qu'il s'agit d'un vrai chien.

En fait, Woofy est beaucoup plus qu'un vrai chien : il parle et peut se tenir debout comme un humain. Mais sitôt qu’on risque de l'apercevoir, il doit prendre immédiatement une pose fixe.

Woofy fait l'apprentissage de la maison. S'humaniser ainsi lui pose souvent des problèmes d'identité lorsqu'il se retrouve confronté à sa vraie nature.  Il lui arrive de prendre de petits airs arrogants quand il croise un autre chien ou un animal. Il faut dire que Woofy n’est déjà plus tout à fait de leur espèce. Il tire de cela tantôt un sentiment de supériorité, tantôt de la nostalgie lorsque par exemple il voit les chiens du quartier s’ébattre et s’amuser dehors.

Antoine est parfois amené à convaincre Woofy de rester avec lui. En effet, la nature du chien s’accommode mal de cette vie en vase clos, en contradiction avec ses instincts d’animal. Mais l’affection qui lie Woofy à son jeune maître lui permet de résoudre ces conflits.

Sous des airs sûrs de lui, Woofy est un chien froussard dans le fond mais, pour garder la face, il donnera toujours une explication vaguement plausible au fait qu’il préfère faire demi-tour. Pour donner le bon exemple, face à Antoine, il prendra ainsi beaucoup sur lui pour avancer en premier dans le couloir sombre de la maison endormie, à la recherche de l’explication d’un bruit nocturne.

Comme tous les chiens, il déteste qu’on joue de l’harmonica devant lui, mais en revanche il adore s’installer devant le petit piano jouet de la chambre. Hypocondriaque, Woofy aime se faire plaindre, quitte à angoisser Antoine, obligé alors d’improviser un traitement médical ou téléphoner au vétérinaire en cachette en contrefaisant sa voix. Woofy adore les livres et passe de longs moments à découvrir ainsi le monde.

Patiemment, Woofy attend le retour d'école de son jeune maître qu'il voit partir chaque matin, mais ne peut parfois s'empêcher d'en profiter pour partir explorer le monde à la sauvette, régler un problème dans la maison ou préparer une farce pour Antoine.

Un brin susceptible et de mauvaise foi, Woofy est grognon le matin. Il aimerait tant faire la grasse matinée dans le lit au lieu d’avoir à se figer les yeux ouverts, comme le lui recommande Antoine. Débrouillard, il n'hésite pas à mettre au point les stratagèmes les plus insensés pour parvenir à quitter la chambre incognito et s'infiltrer dans toutes les pièces de la maison.

Il lui arrive de se disputer avec Antoine et va alors jusqu’à prétendre être d'accord avec la mère de celui-ci quand elle le traite d'enfant gâté. Ces disputes ne durent pas car ce que Woofy préfère par-dessus tout, c’est gratifier Antoine de vigoureux et affectueux coups de langue sur le nez.

 

ANTOINE

Antoine est un petit garçon de 6 ans qui vient tout juste d’entrer à la ‘grande école’.

D'un naturel peu téméraire, il a pris un grand risque en introduisant un chien dans sa chambre. Ravi des améliorations et astuces que Woofy amène dans sa vie, Antoine n'en demeure pas moins un humain, et à ce titre, il tient régulièrement à rappeler à son chien lequel des deux commande l'autre. Woofy a la diplomatie de laisser croire à Antoine qu'il est le chef, mais dans les faits, le gamin fait souvent ce que lui dit son chien.

A son retour de l'école, le premier geste d'Antoine consiste systématiquement à retourner dans sa chambre vérifier que les choses se sont bien passées dans la journée pour son chien. Il lui confie ses plaisirs de la journée et ses angoisses du jour. Ensemble, ils établissent une stratégie pour le lendemain afin de sortir Antoine d’un rapport de force avec un autre gamin de l’école, ou pour récupérer un objet confisqué par la maîtresse.

Un peu maniaque, il remarque souvent les objets déplacés ou mal rangés par son chien. Celui-ci prétend toujours qu’il était sur le point de le faire !

La nuit, Antoine dort avec Woofy qui devient d’une certaine manière son doudou. Fier d’être un grand, Antoine n’est pas bien heureux d’avoir à faire croire qu’il a encore besoin d’un doudou, mais si c’est le prix à payer pour garder Woofy…

Pour masquer la présence de Woofy dans sa chambre, Antoine est prêt à tous les mensonges, aussi gros soient-ils. Sa peluche a bougé ? c'est parce qu'il a un squelette mécanique actionné par une clé. Une cuisse de poulet a disparu ? Il est désolé mais il mourrait de faim.

Un des grands plaisirs d'Antoine lorsque la porte de sa chambre est fermée, c'est de se lancer avec Woofy dans une séance de chatouilles endiablées.

SA MERE

Christine, la maman d’Antoine travaille à la maison sur un bureau face au mur dans le salon. Son télétravail consiste à gérer le service après vente de produits d’entretien pour animaux domestiques (colliers anti-puces, déodorants, graviers pour chats, ramasse poils, etc…). Souvent, quand Antoine et Woofy passent près de son bureau, ils peuvent l’entendre répondre au téléphone à des clients désarmés devant les problèmes que leur causent leurs chiens ou leurs chats.

Sur la question des animaux chez soi justement, elle est catégorique : ils sentent mauvais et font des saletés partout. Il n’y en aura jamais à la maison. Si encore leur famille vivait à la campagne… mais en ville, les animaux, ça ne sont que des servitudes.

Comme elle est une femme rationnelle, les petits doutes liés aux gaffes de Woofy trouvent rapidement une explication logique. Ex : le chien aperçu dehors et qui ressemble à s’y méprendre à Woofy est tout bonnement de la même race que son imitation en peluche ! Le mouvement de patte de Woofy, entraperçu quand elle passait l’aspirateur dans la chambre, s’explique par le fait que cette peluche a un mécanisme interne et peut recevoir des piles, même si Antoine n’utilise pas cette possibilité, etc…

Il n’empêche que Woofy et Antoine doivent continuer à faire preuve d’une grande vigilance car tout ne pourra pas être expliqué ainsi… Cependant, il serait faux de voir en cette mère, une femme  aliénée par sa vie de ménagère, méchante, voire acariâtre : elle incarne tout simplement la Raison qui empêche les enfants de faire tout ce qu’ils désirent.

Elle est ravie de l’attachement d’Antoine pour cette peluche et se félicite régulièrement (à haute voix devant son fils) que Woofy ne soit pas un vrai chien !

A noter que le surnom affectueux qu’elle donne régulièrement à son fils est  « mon petit lapin bleu ».

 

SON PERE

Le papa d’Antoine travaille à la SNICEP, une société d’assurances. Il y part chaque matin et en revient le soir avec une bonne humeur incompréhensible. Pour ce qui est d’avoir ou non un animal à la maison, le père d’Antoine a un avis beaucoup moins tranché que sa femme, qu’il ne souhaite pas braquer.

Bien que son fils ne l’ait pas réalisé, son père constitue pour lui un allié en ce sens qu’il a visiblement compris le petit manège d’Antoine et ferme les yeux. Il peut même aller jusqu’à sauver une situation difficile en prétendant n’avoir rien vu ou en attirant l’attention de sa femme sur autre chose.

Antoine et Woofy ont parfois des doutes sur le fait qu’il soit au parfum, mais jamais aucune certitude. Si Antoine l’interroge vaguement, l’air de rien, son père fera malicieusement semblant de ne pas comprendre où son fils veut en venir.

Lorsque Antoine a absolument besoin d’une réponse pour un cas grave, il demandera à son père comme tel copain de classe qui a un chien devrait faire pour le solutionner.

Parfois, c’est le père qui prend l’initiative de guider son fils et lui délivrer des messages : « au fait, si un jour tu as un chien, le mieux avec lui ce sera de… »

 

MARINE

La petite sœur d’Antoine a moins de deux ans. Très vite, elle a découvert le pot aux roses mais ne risque pas de le révéler, faute de pouvoir encore parler clairement. Désireuse de jouer avec Woofy, elle cherche à le séquestrer. Quand elle risque de le dénoncer (avec le peu de mots qu’elle connaît), c’est bien plus par réaction spontanée que par machiavélisme.

Au fond, elle voudrait tellement être associée aux jeux de son grand frère, et rafler l’attention de celui-ci confisquée par Woofy.

Le chien se paie parfois le luxe de faire des grimaces de loin à Marine en gesticulant, avant de s’enfuir. Ce qui a le don d’agacer le bébé frustré.

 Quand elle n’est pas indispensable à une histoire, Marine est censée être à la crèche proche, ou en revenir en cours d’épisode. Sa mère l’y emmène ou va la rechercher. Ceci justifie une courte absence de la mère qui peut permettre à Antoine et son chien de jouer plus librement ou régler un problème.

 

LE CHAT DE MURIEL

Le chat de la voisine vient parfois agacer Woofy par la fenêtre de la chambre. Woofy a bien du mal à ne pas réagir en chien à ces provocations. C’est un vrai chat et il rappelle régulièrement par sa présence la nature animale que Woofy a choisi de quitter pour vivre auprès d’Antoine.

 

MURIEL

La voisine d’Antoine est un peu plus âgée que lui. A l’âge où les différences d’âges sont particulièrement sensibles, cela fait de Muriel une sorte de grande sœur pour Antoine. La fenêtre de sa chambre donne sur celle d’Antoine et elle a repéré le secret de Woofy. Muriel cherche à taquiner son jeune voisin en menaçant de tout révéler, rien que pour le plaisir de le voir changer de couleur. 

 

REMI

Un copain binoclard. Le fils de la boulangère. Il connaît la vraie nature de Woofy, Antoine l’a mis dans la confidence. Ses parents a lui non plus ne veulent pas d’animaux à la maison et il envie (sans jalousie) Antoine d’avoir réussi à trouver une telle solution. Rémi est prêt à tout pour aider son ami Antoine à maintenir le secret (ex : garder Woofy chez lui, ou lui faciliter la vie en dégotant une brosse, un sac pour le transporter...). Woofy est jaloux de se voir confisquer Antoine par Rémi quelques heures hebdomadaires qu’il pourrait passer seul avec lui. De plus, Remi est connu pour être gaffeur. Woofy trouve que c’est prendre trop de risques que de l’avoir mis dans la confidence. Malgré les efforts réguliers de Rémi pour se mettre bien avec Woofy (gâteaux de la boulangerie de ses parents, os à ronger, etc…) Woofy ne se détend jamais vraiment en sa présence et il est le premier à relever les erreurs et maladresse du copain d’Antoine dont il se sent le rival.