Georges Martin
Le "héros".
Un optimiste, un bienheureux. Georges est un peu boy-scout sur les bords, il se veut chaleureux, compréhensif et attentif. Pour lui, il n'y a pas de problème, il n'y a que des solutions. Georges est content de lui, il goûte avec volupté sa nouvelle vie. Son optimisme forcené peut être agaçant.
Comme tout optimiste, Georges est sujet aux coups de blues, au doute, à la baisse de régime. Mais il repart toujours du bon pied et sait positiver les situations les plus négatives. Le verre, il le voit toujours à moitié plein, même quand il est vide.
Son boulot sur la station, c'est la maintenance. Georges répare, prévient les pannes, entretient. C'est lui qui fait tourner l'ensemble. Car Krach-Ind lui a fait croire que de nouveaux locataires pouvaient arriver à tout instant.
De sa salle de contrôle, il gère le cycle jour/nuit, les variations climatiques, la pousse des végétaux artificiels, la densité de l'atmosphère, son taux d'azote, la pesanteur, etc..Dans sa salle de contrôle, Georges peut tout. Hé oui, en ce sens Georges, c'est Dieu, un Dieu débonnaire et pas compliqué, souriant et pas colérique, un Dieu qui se fâche rarement. Un gentil Dieu un peu bébête ! Georges n'a pas besoin d'être intelligent puisqu'il est omnipotent.
Georges n'a qu'un souhait : être heureux ! Et pour lui, il ne fait aucun doute qu'il l'est. Est-ce que Dieu doute ?
Sa femme.
Active, responsable, en quête de sens, de spiritualité, de justification à son existence. Une sorte d'illuminée (pas trop), très spiritualiste, les yeux, le cœur et la raison tournés vers l'au-delà, en attente de la rencontre du troisième type. Pas une tarée de secte, mais une femme ouverte à l'inconnu, pacifiste et attentive aux signes que le ciel peut lui envoyer.
Monette est une sorte de baba-cool optimiste et ouverte. Elle rêve à une fraternisation entre les humains et les E.T. C'est sans doute pour cette raison qu'elle a accepté de venir dans cette station.
Monette a des notions de psychologie, de psychanalyse. Quand Betty manifeste un désir, même celui d'en finir, c'est déjà ça, Monette est heureuse. Elle inviterait même Betty à aller plus loin dans sa pensée. Monette est à l'écoute des autres, mais avec sa grille de lecture, ce qui peut la rendre énervante, parfois.
Il ne faut surtout pas faire de Monette une bonne épouse confinée à la cuisine, s'affolant pour tout et soucieuse du seul bien-être de Georges. Non, elle a du caractère, et elle le montre. Monette veut bien faire, elle se documente, elle veut agir, rendre service. L'action sociale, voilà ce qui la meut.
La fille aînée.
Pour elle, pas besoin de long discours. Sa dégaine et son air en disent long.Betty est molle, neurasthénique, sombre et sacrément névrosée. Elle aurait presque des tendances suicidaires ou auto-mutilantes. Il suffit de voir sa tête.
Etre sur cette fichue station, c'est ce qui pouvait lui arriver de pire. Quoiqu'on se demande si elle n'est pas comme ça depuis sa naissance. Qu'elle exulte de joie ou qu'elle déprime sec, on voit à peine la différence. La couleur dominante reste le gris foncé.
Elle n'est pas agressive, ni sarcastique, ni caustique, Betty n'est pas, tout simplement. Sur elle, rien ne semble avoir de prise. Elle survole le réel en y jetant un regard à peine intéressé.
Ce qui la caractérise le plus, c'est sa manière de s'exprimer. Betty parle une langue étrangère que ses parents comprennent à peine. Pour bien faire, il faudrait la sous-titrer. Seul, Benjamin la comprend et établit le lien avec Monette et Georges.
Betty ne parle pas branché, ni verlan, ni banlieue, Betty parle le Betty, une langue crée par elle à base de mots-valises, d'anglicismes, de germanisme, d'arabismes. Ca ressemble à du parler-jeune, mais ça apporte quelque chose de nouveau, d'exotique, d'amusant. Un peu à la façon d'Agrippine de Brétécher.
Benjamin Martin
Benjamin est un calme, un serein.
Lui, il est content d'être sur la station, c'est une expérience inouïe. Il est curieux, imaginatif, un rien lunaire. C'est un enfant ouvert, écoutant et gentil.
C'est lui qui fait le lien entre Monette et Betty, entre Betty et Georges. Il s'entend plutôt bien avec sa sœur.
En fait, on peut imaginer que sur Terre, Benjamin était l'objet d'un tas de moqueries, de sarcasmes, à cause de son physique. Là, sur la station, il n'y a plus personne pour se fiche de lui. Alors, il peut s'épanouir et se révéler.
Plein d'imagination, curieux, explorateur, fondu de Fenimore Cooper, Jules Vernes et Isaac Aasimov, avec lui l'aventure est au coin de la rue! Il rêve sa vie.
Mamie, Rose Martin
La mère de Georges. Veuve.
Elle habite la station en permanence, un des pavillons voisins de celui de son fils. Elle n'a pas voulu laisser partir Georges sans elle. Elle craint tellement pour lui, elle l'aime tant. C'est son petit Georges à elle!
Mamie est une fondue du jogging, stretching, assouplissement et autres tortures. Elle veut se maintenir, comme on dit ; c'est son obsession. Mamie ne veut pas vieillir, alors elle s'active.
Mamie est égoïste, c'est le moins qu'on puisse dire. Dans sa vie ne comptent qu'elle, et Georges. Le reste, elle s'en moque. Ses petits enfants??! Elle se souvient à peine de leur prénom. D'ailleurs, elle ne veut pas en entendre parler, ça la vieillit.
Désagréable avec la plupart des habitants de la station, c'est une vieille comme on peut en croiser dans une file d'attente, à la Poste, croyant que son âge lui donne tous les droits, toutes les libertés, et surtout celle de remettre en place et de se plaindre.
Mamie n'écoute rien, ni personne, trouve toujours à redire, envoie un tas de vacheries à qui veut l'entendre. On lui pardonne, elle est vieille.
Mamie est sévère avec Monette, évidemment! Elle trouve toujours à critiquer. Elle ne l'aime sans doute pas ! Georges ne voit aucun défaut à sa mère, il a les yeux de l'amour. Il ne comprend pas et s'offusque quand sa famille veut le lui faire remarquer.
Mme Schuman
L'institutrice.
Martiale, pète-sec, rigoriste, à cheval sur la morale, réac' et péremptoire. Une sorte de Christine Boutin. L'Opus-Déï à elle toute seule.
Mme Schuman, c'est la commère de la station. A l'occasion délatrice, jalouse, méchante et indiscrète. Elle se régale des problèmes des autres. Ha ! voilà ce qui arrive quand on n'a pas de principe !
Selon Mme Schuman, Bobby est un exemple, il est la preuve qu'une éducation stricte donne des résultats probants.
En effet, quand il est avec sa mère, Bobby est sage comme une image, un régal !
Il cache bien son jeu, ce Bobby. Dès que sa mère n'est plus en vue, il devient un vrai punk, une teigne, un voyou. Plus du tout un ange. Dupe, Mme Schuman cherche pour lui un père d'élite, pour elle un homme d'exception: critères de sélection maximum – résultats… minimum.
Le fils de Mme Schuman.
Une image en présence de sa mère. Un garnement infernal au dehors. Devant sa mère, il parle tout bas, on l'entend à peine, il ne veut pas déranger. Sans sa mère, il braille, jure, pète, rote et se gratte le nez. La provoc incarné. Un être double, impossible à confondre car très habile et plutôt intelligent.
Avec Georges, il joue les enfants sages. Avec tous les adultes, même ! C'est révoltant de voir Bobby en action, car tous les adultes l'imaginent parfait. Un vrai lèche-bottes, il porte les cabas, rend des services, dis bonjour et merci.
Dr Jekyll et Mr Hyde.
Seuls, Betty et Benjamin savent de quoi il est capable.
Boris Labibine
Il est le convoyeur de la station, c'est lui qui assure les navettes avec la terre, grâce à son véhicule interplanétaire. Il est le seul à quitter la station.
Quand il débarque par accident sur la station, Boris est un homme détruit, laminé, au bout du rouleau. Il a passé près de dix ans en hibernation artificielle, pour un voyage sur Mars. Il se réveille peu de temps avant de débarquer dans l'univers des Martin. Il est déphasé.
L'URSS est devenue la Russie, et on ne veut pas le rapatrier. Pas assez d'argent. Un sacrifié quoi.
Quelques années plus tôt, avant de partir pour Mars, il s'était payé deux ans d'Afghanistan. Il en a gardé une science affûtée de la survie, du combat rapproché, du maniement des armes et la capacité à supporter la douleur.
C'est une tête, ce Boris, il a un Q.I deux fois plus important que celui de Georges. Il n'en fait pourtant pas étalage et laisse volontiers Georges jouer les supérieurs.
Boris a été marié. Sa femme l'a abandonné.
En bon soviétique, Boris est un rien paranoïaque, il voit le KGB partout. Il ne tourne jamais le dos à une fenêtre ni à une porte. Méfiance, on pourrait nous entendre.
Boris est un personnage complexe, torturé, soumis à de violentes variations sentimentales. Ses sentiments, il les vit pleinement, bruyamment. Il peut rire et pleurer dans la même minute. Il est légèrement porté sur la boisson.
Boris trouve chez Les Martin ce qui lui a longtemps manqué, la chaleur, l'harmonie, la paix et l'amour. Il a tellement de choses à faire partager, ce Boris. C'est un chaleureux, un gentil.
Homme à tout faire de la station. Tantôt ouvreuse de cinéma, gérant de bowling, commissaire de police, balayeur, facteur...
On ne sait pas réellement si Guy est un robot ou un humain. On s'en fiche. Guy sert à tout, il passe d'un costume à l'autre à la vitesse de la lumière. Il est partout à la fois sans que cela perturbe plus que ça les Martin.