DOOK

DOOK faisait partie des pionniers de l'espace, il a ouvert la voie, à la manière des vrais cowboys qui ont exploré le Grand Ouest.

C'est un mulet humanoïde qui porte la maturité avec une belle prestance. Sa voix grave capte immédiatement l'attention et donne aux mots qu'il utilise avec parcimonie la valeur d'un avertissement. Un "Bonjour!" de Dook, ça signifie déjà "Attention, je ne rigole pas!".

On devine qu'il a connu une chute brutale, peut-être due à Céréal Bob himself. Avant l'arrivée de Curtis, il vivait un peu mal le fait d'avoir été mis au placard.

Au chaos du cosmos, Dook oppose avec une inébranlable certitude les vertus du Règlement : "Le règlement, y'a que ça de vrai. C'est le seul truc vraiment costaud pour faire tenir tout ça debout, faites-moi confiance!"

Face à un malfrat, Dook s'imagine toujours que la seule évocation de la loi suffira à remettre les choses en place. "Et si c'est pas assez clair pour eux, y a mon lasso!"

Mais si sa vaste expérience l'a équipé de toute une collection de principes, elle ne semble pas lui avoir enseigné la patience. Il ne comprend pas qu'on lui résiste, à lui qui représente la loi. Alors il plisse les yeux, serre la mâchoire. Et fonce tête baissée.

Dook, c'est le premier degré incarné, l'apôtre de la "parole donnée" et du sens de l'honneur. Il croit aux vertus de l'ordre, de l'effort et de l'honnêteté, et place au-dessus de tout la "vie sous toutes ses formes". Ce mélange de rigidité et de paternalisme fait qu'il est toujours à la fois peiné et scandalisé de constater que le mal existe. Les larcins et les exactions produisent chez lui des soupirs navrés avant d'éveiller sa sévérité.

En résumé, Dook est un mélange de John Wayne et de Lino Ventura. Mais c'est surtout un brave type, qui s'est construit sur  ces valeurs-là parce qu'il avait le physique de l'emploi. Un brave type indécrottablement courageux, sincère, et gentiment "pénible", une sorte de boyscout qui aidera une vieille dame à traverser la rue même si elle n'en avait aucune intention au départ.  

Dook a beau se donner un air de héros ténébreux, quand on le connaît mieux on s'aperçoit qu'il est d'une sensibilité presque ridicule, que ce soit en musique banjo, en vêtements de cowboy, en danse classique ou par son attachement indéfectible aux valeurs puritaines.

 

CURTIS

CURTIS est un ancien délinquant : pour lui, être Cowboy c'est moins une revanche qu'une rédemption. Il a épousé le mode de vie cowboy comme un challenge, et maintenant il adore : c'est sa manière de rester original, il se défoule - tout en étant en règle avec la loi.

Curtis offre une alternative à la masse raisonnée qu'est Dook : si ce dernier voit dans le Règlement un remède à tous les maux de l'Univers, Curtis au contraire n'y trouve que prétexte à paperasserie. Rien ne saurait plus l'insupporter que de rédiger un rapport ou que de citer un article de loi.

Bien sûr, lui aussi est habité par l'idée de justice, mais à ses yeux, il s'agit plus d'une question d'évidence. Et surtout d'instinct. Ce qui est la moindre des choses pour un chat mutant. Il considère qu'il sait ce qui est juste, ce qui est bien, et ce qui ne l'est pas. Il tire cette conviction de sa propre expérience.

Sans que l'on sache précisément de quoi est constitué son passé, les quelques allusions qu'il peut y faire laissent entendre que s'il est aujourd'hui un représentant de l'ordre, il a pu à une autre époque être du mauvais côté.... Question d'opportunité, d'intelligence, et là encore, d'instinct.

Son franc-parler et sa maîtrise des différents argots de l'Univers indiquent clairement que sa culture est celle de la rue : sa méfiance à l'égard du Règlement vient de là, tout comme son ironie acide et ravageuse, et un surcroît d'humanité qu'il exprime à contrecœur. En effet Curtis ne montrera jamais qu'il est ému, et pour dire à quelqu'un qu'il l'apprécie, il optera plus pour une formule du genre : "T'es plus ravagé qu'une lune à sec, mec !"

C'est le roi des coups de peigne et de la démarche arquée travaillée à l'outrance. Cabotin, il est prêt à tous les excès pour avoir la vedette. Le pire supplice qu'on puisse lui faire endurer est de ne pas s'intéresser à lui.

Si Dook est un cowboy des plaines, Curtis est plus un macadam cowboy.

"Tchatcheur" invétéré, il se sert de son sens de la répartie comme d'un bouclier, tantôt pour désamorcer les conflits, tantôt pour les précipiter.

Curtis est courageux, mais il n'est pas tellement téméraire. Il privilégie moins la force que l'agilité et la souplesse : son mode d'attaque, c'est l'esquive, et sa meilleure défense, la course. Curtis aime la vitesse, l'efficacité, il ne supporte pas que les missions traînent en longueur. Il est souvent celui qui débloque les problèmes, au prix bien sûr de quelques entorses au règlement. 

Obstiné, fier, un sourire goguenard au coin des lèvres, Curtis est plus malin qu'intelligent à proprement parler. Ce qui signifie qu'il peut être redoutablement efficace... ou totalement irresponsable! .

 

MAMIE

Mamie est la supérieure hiérarchique des Cosmic Cowboys, le Shérif. Mais elle pourrait très bien être leur mère ou leur grand-mère vu le type de rapport qu'elle entretient avec eux. Lorsqu'elle se matérialise elle interpelle les Cosmic généralement occupés à se chamailler ou… à ne rien faire.

Elle a la mine austère d'une directrice d'école et le look d'une grenouille de bénitier. Mais cette apparence cache une personnalité en réalité bien plus débridée, comme en témoigne les blagues idiotes qu'elle adore raconter en hurlant d'un rire hystérique. Après quoi elle reprend instantanément son visage spartiate.

L'autre aspect de Mamie qui la distingue d'une grand-mère ordinaire tient à sa fonction, qui n'est pas des plus courantes. C'est elle qui centralise tous les problèmes repérés dans l'Univers et donne l'alerte. C'est elle et elle seule qui envoient les Cosmic Cowboys en mission et leur réclame des comptes: elle les lance à la poursuite d'un malfrat, leur confie le sauvetage d'une planète ou leur demande tout simplement d'aller promener son chien. Elle ordonne et ils obéissent.

Mamie est autoritaire comme une mère abusive, et soucieuse comme une mère poule. Elle ne laisse jamais partir Dook et Curtis sans une recommandation. Voire un sandwich ou une écharpe, qu'elle leur transmet via le transmetteur moléculaire dissimulé dans le comptoir.

L'imposante étoile métallique qu'elle porte sur la poitrine la consacre comme shérif, et elle tient à ce que tout reste en bon ordre dans les galaxies dont elle a la charge.

 

CEREALE BOB

Un adorable petit lapin rose qui inspire immédiatement de la tendresse à ceux qu'ils croisent.

Pourtant derrière son apparence de peluche inoffensive, se cache l'ennemi public numéro 1. C'est un fou monomaniaque et dangereux qui n'a pour seul but dans l'existence que de montrer aux gens qui il est vraiment. Car Céréal Bob est méchant, même quand il est apparemment gentil.

Il n'hésite pas à utiliser les particularités de certaines planètes pour les transformer en engins de destruction. Il guette avec délectation les catastrophes naturelles dans le but de les utiliser. Et les fabrique de toutes pièces si elles tardent à venir. L'argent et le pouvoir n'intéresse pas Céréal Bob, c'est bien plus la performance dans le crime, atteindre les sommets inégalés dans les coups tordus qui le motivent.

L'origine de sa méchanceté gratuite est bien sûr à rechercher dans son physique si ostensiblement nunuche. Dès que le terme "mignon" est utilisé à son sujet, cela le plonge dans des rages hystériques, d'une telle intensité qu'il donne à voir un visage défiguré par la haine. Les provocations, obstacles du quotidien, attitudes irrespectueuses provoquent aussi chez lui cette transformation, faisant de lui un équivalent animal de Mister Hyde.

Tels les enfants de 10 ans, il ne supporte pas son image, il veut être pris au sérieux, être traité comme un adulte. La plupart d'entre eux ne veulent surtout pas qu'on leur rappelle, en leur pinçant les joues, à quel point ils étaient mignons quand ils étaient bébés. Il est victime de son physique de gentil, il souffre d'un "délit de sale gueule" inversé. Lui qui rêverait d’être Hannibal Lechter!

Céréal Bob n'aime évidemment pas les Cosmic Cowboys, mais il ne les considère qu'avec mépris : ils sont indignes de lui. Il les sous-estime, dans le fond il a raison, mais dans les faits il sera souvent surpris.

Céréal Bob a des moyens digne d'un méchant dans James Bond. Il peut tout faire. Il est fort et puissant, il a tout à sa disposition dans ses poches, scie, marteau, boulets de canon, et pourquoi pas tracteur Caterpillar – pour s'enfuir, c'est le top.